Low-tech et innovations de rupture : des opportunités à saisir

innovations low tech

On a souvent tendance à opposer « innovation de rupture » et « low-tech ». C’est une erreur. Et voici pourquoi…

Oui, l’innovation de rupture est compatible avec les low-tech…

Les low-tech (ou basses technologies) sont des techniques éprouvées et déjà connues de tous. Bien souvent, il n’est pas nécessaire d’être un ingénieur de haut niveau pour les utiliser.

Les basses technologies peuvent faire partie d’une stratégie d’entreprise avisée. Vous pouvez même créer une innovation de rupture ou disruptive en les utilisant.

  • Pour rappel, l’innovation de rupture est une stratégie d’entreprise visant à disrupter un marché pour en devenir le leader. Cette expression a été popularisée par Clayton Christensen sous le terme « disruptive innovation » en anglais.
    Ne confondons pas « innovation de rupture » avec « haute technologie ».En effet, « breakthrough innovation » a été improprement traduit par « innovation de rupture » alors qu’il s’agit en fait d’avancée technologique majeure ou rupture technologique. Puis la confusion s’est perpétuée avec le terme plus récent« deeptech »…

    Lire à ce propos l’article : Vous n’avez pas besoin de « deeptech » pour créer une innovation de rupture

Les avantages de la low-tech

Les low-tech requièrent peu de capitaux. Leur développement revient très peu cher et peut être très rapide : gain de temps, d’énergie et faible investissement financier. Ainsi le risque est très inférieur aux technologies de pointe.

Les inconvénients de la low-tech

Son faible coût et son faible niveau technologique attirent immanquablement le plus grand nombre. C’est pourquoi vous risquez de trouver sur votre chemin de nombreux concurrents et de vous retrouver dans une situation d’hyper concurrence.

Dans ces conditions, est-il possible de conserver son avantage concurrentiel ?

Oui, si vous vous positionnez dans le « pensez autrement » ou si vous sortez du schéma mental ambiant… Seule une stratégie disruptive vous donnera un avantage concurrentiel pérenne.

Des idées simples mais astucieuses peuvent modifier profondément les usages d’un marché. Si elles paraissent loufoques ou irréalistes, elles méritent tout de même votre attention.

Voici 3 options :

  1. Trouver une structure de coûts difficilement imitable par la concurrence

    C’est le cas des innovations de rupture par le bas (ou stratégies low-cost).
    Par exemple, le compte Nickel ne demande pas une innovation technologique très sophistiquée. C’est un compte bancaire sans banque, uniquement consultable par Internet avec des opérations simples. N’importe qui peut ouvrir un compte sur présentation d’une carte d’identité chez un buraliste : des procédures simplifiées, l’absence de conseillers de clientèle et d’agences permet de présenter une structure de coûts très inférieure à celle de la concurrence.

    Autre exemple : les lunettes Focus on Vision à 1$. Elles sont réglables à l’aide d’une molette et permettent à des personnes des pays émergents de voir mieux sans aller chez un ophtalmologiste. Imaginez l’impact que ces lunettes bon marché peuvent avoir sur la vie de millions de gens privés de travail à cause d’une vue déficiente… Cette innovation low-cost et low-tech est avant tout un projet caritatif. Mais elle peut être une source d’inspiration pour les entrepreneurs.
    Lire aussi : Quand les innovateurs inspirent d’autres innovateurs

  2. Passer sous les radars de la concurrence

    C’est le cas de la rupture de type « nouveau marché ». Vous vous adressez à des personnes qui ne sont pas les clients de vos concurrents, si bien que ces derniers ne portent aucune attention à votre innovation (tout du moins, au début, ce qui vous laisse le temps de développer votre activité).

    Par exemple, les yaourts Chobani ont pris une part importante du marché des yaourts aux Etats-Unis en transformant le concept du yaourt : passant du simple dessert au repas diététique de substitution. Vous verrez dans l’article ci-dessous pourquoi la concurrence a mis plusieurs années avant de réagir : Innovation de rupture, l’exemple de Chobani

  3. Changer son positionnement et sa structure de coût

    Un exemple dans l’agriculture : les viticulteurs cherchent à diminuer la pollution provoquée par les désherbants et pesticides chimiques. Certains reprennent les traditions ancestrales en mettant des poules dans leur vigne. Les gallinacées se nourrissent des herbes et des insectes qui sont nuisibles à la vigne. De plus, leurs déjections servent d’engrais naturel.

    En Afrique du Sud, des viticulteurs ont créé une « duck-mobile » pour conduire les canards dans les vignes, afin que ces derniers mangent les escargots qui sont aussi des prédateurs de la vigne.

    Ces méthodes ne résolvent pas tous les problèmes normalement pris en charge par la chimie mais si on prend en compte les économies réalisées (suppression des achats d’engrais et de pesticides) d’une part, et d’autre part, les revenus apportés par la vente des œufs et des viandes de poulet (ou de canards), alors cela change la donne.

    En effet, les viandes de poulets élevés en plein air et les œufs sont biologiques et de haute qualité. Ils sont très recherchés par les restaurants haut de gamme et les gastronomes car les poules n’ont pas connu le stress des batteries industrielles.

    Cela implique pour le viticulteur d’apprendre un nouveau métier, celui d’éleveur de volailles. Il modifie sa structure de coûts, réinvente son modèle économique en se positionnant dans le haut de gamme.

Du poulailler vendu en kit, en passant par le four solaire ou la bicyclette en bambou, ce ne sont pas les idées qui manquent…

Un guide pour prendre les bonnes décisions
Aucune idée n’est mauvaise en soi.
Ce qu’il manque en général, c’est la stratégie et la méthode.


Cet ouvrage sur l’innovation de rupture a pour objectif de vous conseiller sur les meilleures stratégies et les méthodes les plus adéquates pour votre projet d’innovation. Il vous servira de guide pour y voir plus clair dans le foisonnement actuel.

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2 réflexions sur « Low-tech et innovations de rupture : des opportunités à saisir »

  1. Merci Benoît pour cet article intéressant. D’autant plus qu’il fait sens avec nos contraintes environnementales. Car low-tech rime souvent avec frugalité et invite les ingénieurs à faire mieux avec moins. Se recentrer sur les besoins essentiels de l’utilisateur n’est pas toujours un réflexe 😉
    A bientôt,
    Laurent

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