Archives pour la catégorie Innovation de rupture, définition

Innovation de rupture et rupture technologique

La différence entre l’innovation de rupture et la rupture technologique

On confond souvent l’innovation de rupture et la rupture technologique. Et pourtant ces notions sont totalement distinctes. Pour clarifier les choses, voici ce qu’il faut retenir :

La rupture technologique :

C’est une nouvelle technologie qui apporte des performances supérieures en comparaison des technologies existantes. Elle les supplante et les remplace. Mais elle ne crée pas un nouveau marché. En effet, la nouvelle technologie est en général mise au point pour améliorer les performances d’un produit ou d’un service dans un marché déjà existant et mature. C’est pourquoi elle amène une innovation incrémentale et non une innovation de rupture.

L’innovation de rupture :

L’innovation de rupture est une innovation qui aboutit à la création d’un nouveau marché, radicalement différent des marchés existants. Elle consiste en un changement de concept pour les clients. En général elle apporte aux clients des bénéfices radicalement supérieurs à un coût radicalement inférieur. Contrairement aux apparences, elle se base très souvent sur des technologies existantes et éprouvées.

Voir aussi:
Les points fondamentaux de l’innovation de rupture
L’innovation de rupture est à la portée de tous !

Mes conseils

N’attendez pas une rupture technologique pour trouver de nouveaux relais de croissance. La mise au point de nouvelles technologies est longue et coûteuse. Vous pouvez relancer la croissance par l’innovation de rupture, sans avoir à investir dans des budgets conséquents de R&D. Utilisez mes conseils pour initier une innovation de rupture sur une niche avec peu de moyens : vous pourrez créer un nouveau marché dont vous serez la référence.

Quelques exemples pour mieux comprendre

1. L’innovation de rupture sans rupture technologique :

2. De la rupture technologique à l’innovation de rupture :

  • La technologie CCD :

    Il s’agit de composants capables de capter les signaux lumineux et de les transformer en signaux électriques. Leur sensibilité à la lumière est 10 fois supérieure à celle d’un film photographique argentique. Cette technologie a été utilisée initialement dans les télescopes très puissants pour capter la lumière des astres très lointains.

    L’invention du CCD était une rupture technologique parce qu’elle introduisait une technologie entièrement nouvelle pour capter la lumière. Mais ce n’était pas en soi une innovation de rupture : c’était une innovation incrémentale dans le domaine des télescopes.

    L’innovation de rupture a eu lieu lorsque la technologie CDD fut utilisée à d’autres fins : la photographie numérique et le partage des photos sur ordinateurs et téléphones portables qui ont révolutionné notre mode de vie. Sans la technologie CCD, Internet ressemblerait au Minitel… Il n’y aurait aucune photo.

  • Les mémoires flash :

    Ce sont des cartes à mémoire. C’est la technologie utilisée dans les clés USB, les appareils de photo numériques, les téléphones portables, etc… Elles ont en partie remplacé les mémoires RAM (Random Access Memory) et les disques durs. C’est une technologie de rupture qui améliore considérablement le compromis entre rapidité d’accès et prix. Initialement, cette technologie a été utilisée comme innovation incrémentale : elle était utilisée pour remplacer les mémoires et disques des ordinateurs.

    L’innovation de rupture a eu lieu lorsqu’elle fut utilisée pour les clés USB des lecteurs audio (à la place des walkmans) et surtout dans les Smartphones (IPhone). Avec la technologie de rupture, on améliore le stockage des données. Avec l’innovation de rupture, on invente un téléphone qui révolutionne notre usage du téléphone : l’IPhone…

L’innovation de rupture : 2 points fondamentaux à retenir (4/4)

L’exemple de la société Salomon nous permet de comprendre 2 points fondamentaux de l’innovation de rupture : le risque est minime et c’est une question de passion…

L’innovation de rupture, un risque faible

  • L’innovation incrémentale est beaucoup plus risquée et coûte bien plus cher que l’innovation de rupture.
    Il est très compliqué d’améliorer un produit qui est déjà très bon. Les budgets R&D coûtent très cher. Or, personne n’est à l’abri d’un problème de qualité. Les rappels de produits dans le monde entier, cela coûte très cher. Ou alors, vous avez supprimé une fonctionnalité qui apparaît essentielle aux consommateurs. Toute votre gamme est morte et il faut tout recommencer.
  • Pour l’innovation de rupture, l’investissement est faible
    Comme nous l’avons vu précédemment, les investissements technologiques sont peu élevés. De même, le Community Management demande des budgets très bas par rapport à une campagne média classique. En fait, l’innovation de rupture, c’est un changement de modèle économique.
    Lire aussi: innover en diminuant les risques
    Innover face à des concurrents plus puissants
  • Pour l’innovation de rupture, le risque est minime :
    Vous lancez un produit dans un domaine où les clients n’avaient de toute façon pas de solution. Votre image sera celle d’une entreprise qui aura innové pour essayer d’apporter une solution qui n’existe pas ailleurs, même si cette solution ne rencontre pas son marché, votre image n’en pâtira pas. Donc le risque est minime.

Le cœur de l’innovation de rupture : la passion !

  • Chez Salomon, la culture d’entreprise, c’est la passion !
    Les employés de Salomon sont tous passionnés par le sport en montagne.
    Voici comment Pons de Vier, directeur de la Business Unit Footwear de Salomon, parle de son équipe :
    « Le défi nous motive, nous avons la passion de servir les athlètes, la passion du métier. Nous faisons des chaussures sur mesure pour nos athlètes, et malgré des offres financièrement plus intéressantes de la part de nos concurrents, ils restent chez Salomon. Nous avons la passion de les aider à améliorer leurs performances.
    Les valeurs de Salomon sont : l’authenticité, l’innovation, le goût du challenge. Comme nous sommes passionnés et motivés pour améliorer les performances de nos produits, nous sommes naturellement à l’écoute de nos consommateurs, nous partons des besoins à satisfaire et nous innovons. Nous aimons les rêves un peu fous.
    Lorsque nous sommes passés du ski à la randonnée, les employés de Salomon étaient motivés par ce défi difficile. Mais en fait, c’était un prolongement de notre activité.
    Lorsque nous avons été rachetés par Adidas, la greffe n’a pas pris. Puis nous avons été rachetés par Amer, une holding financière. Financièrement parlant, c’est David contre Goliath, mais culturellement parlant, notre culture d’entreprise est si forte, si ancrée, si vivante qu’elle peut difficilement être déstabilisée. Les employés de Salomon ont une capacité étonnante à rebondir malgré les 3 plans sociaux qu’ils ont traversés. Nous souhaitons faire grandir ce sport, c’est un peu la volonté de faire changer le monde. »
  • La passion, indispensable à l’innovation de rupture
    Seule la passion vous permet de changer de modèle mental, pour trouver, inventer de nouveaux concepts. C’est indispensable à l’innovation de rupture. Vous prenez conscience que vous pouvez faire des choses qui paraissaient jusqu’alors inaccessibles. Par exemple, Salomon avait-il imaginé que son Chiffre d’Affaires serait multiplié par 2,5 en 5 ans ? C’est la clé de l’innovation de rupture.

Compte-rendu de la conférence du 7 décembre 2010 en 4 parties:
1. L’innovation de rupture, qu’est-ce que c’est ?
2. 7 conseils pour créer un avantage concurrentiel par l’innovation de rupture
3. Créer et conserver son avantage concurrentiel face à des concurrents plus puissants
4. L’innovation de rupture : les points fondamentaux à retenir (voir ci-dessus)

Innovation de rupture : l’exemple de Salomon (1/4)

Comment Salomon a réussi à devenir leader sur son marché face à des concurrents beaucoup plus puissants ?  Le 7 décembre 2010, s’est tenue la conférence : « Les communautés de passionnés, un nouveau levier de réussite pour l’innovation ».
Si vous n’avez pas pu y assister, en voici le compte-rendu (en 4 articles).

Définir l’innovation de rupture…

Jusqu’en Janvier 2007, la société Apple était dans l’informatique, pas dans la téléphonie. Toutes les théories de stratégie vous expliquent qu’il ne faut pas rentrer dans un marché qui est mature. Il n’y avait donc aucune raison pour qu’Apple s’intéresse au marché de la téléphonie, considéré comme saturé. Apple n’avait pas de connaissances particulières dans ce secteur, et pourtant, il a été capable de révolutionner le marché de la téléphonie en lançant l’Iphone. Il est désormais LA référence incontestée de ce marché. C’est une innovation de rupture !
Lire aussi: Ne pas confondre Innovation de rupture et rupture technologique

L’innovation de rupture est à la portée des PME !

Bonne nouvelle, il n’est pas nécessaire de s’appeler Steve Jobs pour faire une innovation de rupture. Salomon l’a fait !  Il y a 5 ans, son activité chaussures était au plus mal. Elle a aujourd’hui multiplié par 2,5 son chiffre d’affaires ! Voici comment… 

Compte-rendu de la conférence du 7 décembre 2010 en 4 parties:

1. « L’innovation de rupture, qu’est-ce que c’est ? »
2. 7 conseils pour créer un avantage concurrentiel par l’innovation de rupture
3. Créer et conserver son avantage concurrentiel face à des concurrents plus puissants
4. L’innovation de rupture : les points fondamentaux à retenir

Présentation des intervenants :

Benoît Sarazin : consultant, spécialiste de l’innovation de rupture, fondateur de FarWind Consulting. En tant que Directeur du Marketing chez HP, Benoît a fait ses armes dans le secteur des hautes technologies, où les marchés doivent être réinventés tous les 5 ans. Son rôle consistait à créer de nouveaux marchés. Il excelle dans l’anticipation des marchés qui n’existent pas encore et aide les entreprises à créer un marché pour en devenir la référence. Il conseille la société Salomon depuis 4 ans.

Patrick Pons de Vier : directeur de la Business Unit Chaussures chez Salomon.Salomon réalise un Chiffre d’Affaires d’un peu plus de 220 millions d’euros dont 90% à l’export. 

Les conférences du FarWind Club :

Dans le cadre du FarWind Club, cycle de conférences bimestrielles sur des sujets à la pointe de l’innovation de rupture, Benoît Sarazin (FarWind Consulting) et Patrick Pons de Vier (Salomon) ont présenté, le 7 décembre 2010, leur expérience de l’innovation de rupture. Le 3 février 2011, s’est tenue la conférence « Décryptez les signaux faibles pour créer une innovation de rupture» avec Philippe Cahen, prospectiviste.
Le 6 avril 2011, aura lieu la conférence « Comment innover dans un monde incertain » avec le spécialiste de l’extrême, Olivier SoudieuxPour vous inscrire à la prochaine conférence, cliquer ici

IKEA : la révolution à petits pas

IKEA a réussi une innovation de rupture dans la distribution de meubles. Pour ses concurrents, c’est une révolution. Elle a l’allure d’un soulèvement qui naît au sein d’un parti, embrase le peuple et renverse le monarque régnant. Elle est brutale, violente, irréversible, préméditée.

Pourtant, les membres de l’équipes d’IKEA ont perçu l’innovation de rupture d’une bien autre manière. Ils l’ont vécue comme une innovation menée pas à pas. Pour eux, elle ressemble à la croissance d’une pousse de chêne qui, après avoir combattu les tempêtes de l’automne, les grands gels hivernaux et les incendies estivaux, s’est trouvée un jour être le plus grand arbre de la forêt.  Elle est faite d’adaptations constantes, d’imagination, de recherche de solutions inédites, de constance et de détermination.

Le paradoxe de l’innovation de rupture :

C’est ce que montre Jean-Marc Schoettl dans l’article qu’il a écrit dans la Revue Française de Gestion N° 197 d’octobre 2009. Jean-Marc, un éminent spécialiste de la rupture des business models, est consultant et enseignant à Sup de Co Montpellier, HEC, ESCP Europe et Paris Dauphine. Par son analyse de la réussite d’IKEA, il soulève un paradoxe : même si l’innovation de rupture est radicale pour les concurrents, elle est progressive pour l’entreprise. Elle est la résultante de multiples innovations que l’entreprise a conçues pour répondre à des problèmes opérationnels durant une période qui s’étale de 1945 à nos jours. 
Lire aussi: L’innovation de rupture est à la portée des PME

Voici quelques péripéties de l’histoire d’IKEA que Jean-Marc analyse. C’est en 1945 qu’Ingvar Kamprad, fondateur d’IKEA, inaugure le premier catalogue. Il le fait pour compenser le manque d’efficacité commerciale lorsqu’il vend en porte à porte des articles aussi divers que des stylos, des bas nylon ou de la maroquinerie. Il commence à vendre des meubles par hasard en 1947. Dès l’origine, il a des tarifs agressifs parce qu’il évite les coûts des intermédiaires en vendant en direct au consommateur. En 1953, il ouvre un premier magasin pour exposer la qualité de ses produits. Il y est contraint pour contrer une guerre des prix lancée par un concurrent direct et montrer la supériorité de ses produits. Il invente le libre service directement dans l’entrepôt pour réduire le temps d’attente des clients. En effet, il vient d’ouvrir un magasin à Stockolm avec un succès tel que les files d’attentes deviennent inacceptables. Il imagine le meuble en kit pour faciliter le transport dans la voiture des consommateurs car l’encombrement des meubles transforme le chargement dans les véhicules en casse-tête. 

Comme le démontre le cas d’IKEA, l’innovation de rupture est le résultat d’une succession de décisions innovantes. La clé  consiste à reconnaître le mérite d’idées originales même si elles sont initialement conçues pour résoudre un problème ponctuel. Elle exige le courage de sortir du schéma mental traditionnel adopté par tous les concurrents. Elle demande de la lucidité et de la constance. Sur le plan des moyens, elle est à la portée de toutes les entreprises. Mais seules celles qui ont suffisamment de créativité et de courage pourront la réussir. 

Pour accéder à la totalité de l’article de Jean-Marc Schoettl, cliquez sur :http://rfg.revuesonline.com/article.jsp?articleId=13959
Pour en savoir davantage: IKEA

Innovation de rupture : extraits de la conférence du 17 juin

Voici quelques extraits de la conférence que j’ai donnée le 17 juin à la FNAC Digital:

Innovation de rupture et innovation incrémentale
Deux forces poussent l’innovation : la technologie, les évolutions sociétales. Cette innovation se fait naturellement de manière incrémentale à l’intérieur du cadre fixé par le modèle mental existant. L’innovation de rupture intervient lorsque ce cadre devient trop limité pour répondre aux besoins du marché. Il y a alors rupture avec la création d’un nouveau modèle mental. Visionnez la vidéo.

L’innovation de rupture est un bouleversement du modèle mental
Le modèle mental a 3 composantes :

  1. Les besoins des clients
  2. Le modèle économique
  3. La structure du secteur

Visionnez la vidéo .

L’innovation de rupture dans les PME :
Voici quelques exemples d’innovation de rupture réalisées par des PME : une enseigne de magasins de lingerie, un restaurant, un fabricant de roues de vélo.
Visionnez la vidéo.