Archives mensuelles : mai 2012

Des signaux faibles à l’innovation de rupture

Et si demain j’étais le premier et pas la copie ?
Des signaux faibles à l’innovation de rupture
Un workshop animé par Philippe Cahen et Benoit Sarazin
le mardi 3 juillet 2012 à Paris
(nombre de places limité à 5 dirigeants)
Entrez avec une question, sortez avec des idées de produits
Déroulement du workshop
  • Le workshop réunit 5 dirigeants d’entreprises non concurrentes.
  • En 5 mn, chaque dirigeant expose le domaine sur lequel son entreprise souhaite innover. Durant 15 mn, il reçoit l’avis et des réponses de Philippe Cahen et Benoit Sarazin sur la manière de traiter cette question grâce aux signaux faibles et à l’innovation de rupture.
  • Il bénéficie de la participation et de l’expérience des autres dirigeants présents.
  • Chaque cas est exposé et discuté pendant 20 à 25 mn
Les intervenants
  • Philippe Cahen est le spécialiste des signaux faibles et des scénarios dynamiques, une nouvelle méthode de prospective. Il est l’auteur de  « Signaux faibles, mode d’emploi » ed. Eyrolles, prix 2011 d’intelligence Economique, et de « le marketing de l’incertain » ed. Kawa
  • Benoit Sarazin est le fondateur de FarWind Consulting et spécialiste de l’innovation de rupture. Il aide les entreprises à créer un marché dont elles sont la référence. Il est l’auteur du livre « Misez sur les ruptures de marché » et du blog « Innovation de Rupture ».
  • Philippe Cahen et Benoit Sarazin sont les co-créateurs de la méthode « Des signaux faibles à l’innovation de rupture ». Cette méthode permet de faire émerger des pistes d’opportunité au-delà de l’existant et de les traduire en action pragmatique pour devenir le leader d’un nouveau marché.
A qui le workshop est-il destiné ?

Directeurs généraux, directeur marketing ou directeur R&D qui ont en commun de décider des produits et services futurs de leur entreprise.

Où et quand ?

Mardi 3 juillet 2012
Hôtel Bedford,
17, rue de l’Arcade, 75008 Paris
Métro et Parking : Madeleine
Accueil à 8h00, workshop de 8h30 à 11h00

Prix

200 euros HT soit 239,20 euros TTC par personne

Inscription :

Envoyez un message email à Philippe Cahen (cahen.philippe@orange.fr) ou Benoit Sarazin (benoit.sarazin@farwind.com) ou en indiquant : votre société, votre rôle dans la société, le marché sur lequel vous êtes présent. Benoit et Philippe filtrent les demandes pour s’assurer qu’il n’y a pas deux entreprises concurrentes dans le workshop. Dès confirmation de votre inscription, nous vous demanderons de préparer un résumé de votre question en un texte de 5 lignes.

Date limite d’inscription : jeudi 14 juin 2012 

Pour mieux connaitre les conseils de Benoit Sarazin:
Innover face à des concurrents plus puissants
Innover dans la relation client
Créer et conserver un avantage concurrentiel face à des concurrents plus puissants

Face à une rupture de marché, quelle décision prendre ?

Les entreprises face à une rupture de marché

Etre informé des ruptures de marché futures, cela ne suffit pas

Les dirigeants mettent en place des équipes dont la mission consiste à détecter et analyser les ruptures à venir sur leur marché. Mais mon expérience montre qu’ils ont du mal à tenir compte de ces informations pour réorienter leur stratégie.

L’exemple de l’ODD (Opportunity Discovery Department) est instructif. Ce département d’ATT était spécialisé dans l’analyse des ruptures technologiques. Il avait prévenu le comité exécutif dès 1995 qu’Internet allait rendre obsolète leur stratégie. Les dirigeants d’ATT ne purent en tenir compte et l’entreprise, qui avait été leader mondial de la téléphonie, entama son déclin. En 2005, au bord de la faillite, elle a été rachetée par SBC.

Des décisions stratégiques difficiles

Miser sur une rupture semble un pari risqué. Remettre en cause un business model qui a fait ses preuves pour un projet révolutionnaire parait hasardeux. C’est souvent la raison pour laquelle les équipes dirigeantes hésitent.

Lorsque que votre marché est en stagnation, la seule solution est l’innovation de rupture. Voici pourquoi !

Voici mes conseils

  1. Les ruptures de marché sont irréversibles. Vous ne pouvez pas les ignorer.
    Lorsque les clients prennent de nouvelles habitudes, ils ne reviendront pas en arrière.
  2. N’attendez pas. Négociez les bons virages le plus tôt possible.
    Si vous ne saisissez pas à temps l’opportunité qui se présente, vos concurrents le feront.
  3. Commencez par des investissements limités
    Vos premières initiatives peuvent être limitées. Il n’est pas forcément indispensable de financer des programmes couteux de R&D. Vous pouvez aussi reprendre des technologies déjà existantes par exemple.
    Je vous recommande les articles que j’ai déjà écrits sur le sujet :
    Comment innover en diminuant les risques
    Comment trouver les idées d’innovation
    Innovation de rupture, détournez les technologies existantes
  4. Ciblez une première niche avec un produit limité
    Voir aussi :
    Pourquoi innover sur une niche
    Comment une innovation de rupture trouve son marché
    Commencez petit tout en voyant grand

Vous pouvez lire l’article que j’avais écris en 2005 et qui reste d’actualité:
AT&T et MCI, la mort de deux géants des télécoms

En savoir plus…
Notre prochaine table ronde:
Mardi 23 avril 2013 à Paris
Le nombre de places est limité.
Pour en savoir plus, cliquez ici !

Comment faire adopter une idée d’innovation

De l'idée d'innovation au projet
Prototype de la carte à puce en 1974

Roland Moreno, génial inventeur français, est décédé il y a quelques jours. Son invention la plus connue, la carte à puce, a mis du temps à se concrétiser. Voyons pourquoi et quelles sont les leçons à en tirer.

De 1974 à 1979, Roland Moreno a déposé les brevets pour le premier terminal de paiement sans argent qui, grâce à sa mémoire à circuits intégrés, non volatile, était capable de gérer la solvabilité du porteur identifié par un code secret. C’était la carte à puce. Elle a changé notre vie : cartes téléphoniques, cartes de crédit bancaires, cartes SIM de la téléphonie mobile, carte Vitale, Moneo, Navigo, Velib etc… Finalement, la carte bancaire n’a vu le jour qu’à partir de 1992.

  • Les gens trouvaient cette invention bizarre
    Voici ce que le fournisseur de mémoires à circuit intégré a dit : « Mais qu’est-ce qu’il veut en faire, ce Monsieur Moreno de nos mémoires intégrées ? Ne serait-ce pas pour construire un autre objet idiot comme sa Matapof (Machine A Tirer à Pile Ou Face) ? Son invention est qualifiée par les journaux spécialisés en informatique de « curiosité financière ».
  • Un inventeur pas assez conformiste
    Roland Moreno était autodidacte, bricoleur de génie. Non diplômé, il était suspecté d’être soit un usurpateur, soit un charlatan. Il a dû faire face à de nombreux procès et fausses rumeurs qui visaient à discréditer son invention.
  • Les banquiers n’y croyaient pas
    Les banquiers préféraient des systèmes où la signature était préservée, comme la carte à piste magnétique qu’ils connaissent déjà. Ils considéraient que taper un code à 4 chiffres changeait trop les habitudes. Ils ont privilégié des projets concurrents de reconnaissance biométriques qui étaient compliqués, moins fiables et instables. Cela a occasionné des pertes de temps considérables.
  • Les informaticiens bancaires n’en voulaient pas
    Ils rêvaient d’un réseau d’ordinateurs implantés chez les commerçants reliés à l’ordinateur central des banques, une sorte de Big Brother bancaire appelé « informatique on-line en temps réel ». Or dans les années 70, l’interbancarité n’existait pas encore. Et l’infrastructure téléphonique n’était pas suffisamment performante. Bien que la carte à puce de Moreno fût beaucoup plus simple, pratique et fiable, ils s’y opposèrent avec détermination.

Ce n’est qu’à partir de 1983, que la carte à puce connait un développement de masse. France Télécom remplace les cabines téléphoniques à pièces (trop souvent vandalisées) par des cabines à cartes. Ce n’est que grâce à ce marché périphérique, les cabines téléphoniques, que le marché initialement visé, celui des banques, ouvrit enfin ses portes.

Quelle leçon peut-on en tirer ?

Il s’agit d’un cas fréquent où des usines à gaz sont préférées à des solutions simples et pragmatiques. L’inventeur isolé est un outsider qui vient perturber des projets déjà en place.

Lorsque votre innovation va à l’encontre du schéma mental dominant, vous devez chercher un marché de niche connexe dans lequel les clients ont moins peur de changer leurs habitudes, pour peu que vous leur apportiez un bénéfice important. Lorsque les banques ont constaté que les Télécartes fonctionnaient bien, elles ont accepté le projet de cartes bancaires.

Source : La carte à puce, histoire secrète
Lire aussi: Pourquoi innover sur une niche
Comment trouver la bonne idée d’innovation