Archive for mars, 2011

L’innovation de rupture : 2 points fondamentaux à retenir (4/4)

L’exemple de la société Salomon nous permet de comprendre 2 points fondamentaux de l’innovation de rupture : le risque est minime et c’est une question de passion…

L’innovation de rupture, un risque faible

  • L’innovation incrémentale est beaucoup plus risquée et coûte bien plus cher que l’innovation de rupture.
    Il est très compliqué d’améliorer un produit qui est déjà très bon. Les budgets R&D coûtent très cher. Or, personne n’est à l’abri d’un problème de qualité. Les rappels de produits dans le monde entier, cela coûte très cher. Ou alors, vous avez supprimé une fonctionnalité qui apparaît essentielle aux consommateurs. Toute votre gamme est morte et il faut tout recommencer.
  • Pour l’innovation de rupture, l’investissement est faible
    Comme nous l’avons vu précédemment, les investissements technologiques sont peu élevés. De même, le Community Management demande des budgets très bas par rapport à une campagne média classique. En fait, l’innovation de rupture, c’est un changement de modèle économique.
    Lire aussi: innover en diminuant les risques
    Innover face à des concurrents plus puissants
  • Pour l’innovation de rupture, le risque est minime :
    Vous lancez un produit dans un domaine où les clients n’avaient de toute façon pas de solution. Votre image sera celle d’une entreprise qui aura innové pour essayer d’apporter une solution qui n’existe pas ailleurs, même si cette solution ne rencontre pas son marché, votre image n’en pâtira pas. Donc le risque est minime.

Le cœur de l’innovation de rupture : la passion !

  • Chez Salomon, la culture d’entreprise, c’est la passion !
    Les employés de Salomon sont tous passionnés par le sport en montagne.
    Voici comment Pons de Vier, directeur de la Business Unit Footwear de Salomon, parle de son équipe :
    « Le défi nous motive, nous avons la passion de servir les athlètes, la passion du métier. Nous faisons des chaussures sur mesure pour nos athlètes, et malgré des offres financièrement plus intéressantes de la part de nos concurrents, ils restent chez Salomon. Nous avons la passion de les aider à améliorer leurs performances.
    Les valeurs de Salomon sont : l’authenticité, l’innovation, le goût du challenge. Comme nous sommes passionnés et motivés pour améliorer les performances de nos produits, nous sommes naturellement à l’écoute de nos consommateurs, nous partons des besoins à satisfaire et nous innovons. Nous aimons les rêves un peu fous.
    Lorsque nous sommes passés du ski à la randonnée, les employés de Salomon étaient motivés par ce défi difficile. Mais en fait, c’était un prolongement de notre activité.
    Lorsque nous avons été rachetés par Adidas, la greffe n’a pas pris. Puis nous avons été rachetés par Amer, une holding financière. Financièrement parlant, c’est David contre Goliath, mais culturellement parlant, notre culture d’entreprise est si forte, si ancrée, si vivante qu’elle peut difficilement être déstabilisée. Les employés de Salomon ont une capacité étonnante à rebondir malgré les 3 plans sociaux qu’ils ont traversés. Nous souhaitons faire grandir ce sport, c’est un peu la volonté de faire changer le monde. »
  • La passion, indispensable à l’innovation de rupture
    Seule la passion vous permet de changer de modèle mental, pour trouver, inventer de nouveaux concepts. C’est indispensable à l’innovation de rupture. Vous prenez conscience que vous pouvez faire des choses qui paraissaient jusqu’alors inaccessibles. Par exemple, Salomon avait-il imaginé que son Chiffre d’Affaires serait multiplié par 2,5 en 5 ans ? C’est la clé de l’innovation de rupture.

Compte-rendu de la conférence du 7 décembre 2010 en 4 parties:
1. L’innovation de rupture, qu’est-ce que c’est ?
2. 7 conseils pour créer un avantage concurrentiel par l’innovation de rupture
3. Créer et conserver son avantage concurrentiel face à des concurrents plus puissants
4. L’innovation de rupture : les points fondamentaux à retenir (voir ci-dessus)

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather

Créer et conserver son avantage concurrentiel face à des concurrents plus puissants (3/4)

Avantage concurrentiel d'une PME face à des concurrents puissantsLa société Salomon conserve son avantage concurrentiel face à des concurrents plus puissants grâce à l’innovation de rupture.

Benoît Sarazin (Farwind Consulting) vous explique comment Salomon a utilisé le Web 2.0, notamment le Community Management pour conserver une longueur d’avance sur ses concurrents…

Conserver un avantage concurrentiel face à des concurrents plus puissants

Même lorsque vous vous attaquez  à un marché de niche, les concurrents finissent bien par s’en apercevoir. Ils ont les moyens de vous balayer très rapidement. La solution ? C’est la communauté de passionnés. Salomon se trouvait face à des géants comme Adidas, Asic qui ont commencé à s’intéresser à ce nouveau marché : ils ont commencé à sponsoriser des courses et à proposer des contrats mirobolants aux athlètes.

Le Community Management, un choix stratégique

Les concurrents puissants disposent de budgets énormes, il est vain de rivaliser avec eux sur le même terrain. C’est pourquoi Benoît Sarazin a conseillé le Community Management à Salomon,  à un moment où ce n’était pas encore à la mode. Salomon s’est allié à 3 Community Managers dans un premier temps puis maintenant 13 sur 14 pays.

Les valeurs partagées au sein de la communauté : la passion

Les motivations des Community Managers ne sont pas financières. Ils sont tous des passionnés de course en nature qui font référence dans la communauté.  Ils sont passionnés et enthousiastes à l’idée d’être au cœur de l’aventure qu’ils orchestrent. En tant que référents sur le plan national, ils sont reconnus pour leur niveau de performance sportive. Ils ont envie de faire grandir ce sport, de le faire connaître à un plus grand nombre d’adeptes. Un de leurs sujets favoris est de commenter les exploits de Killian Jornett, un champion aux performances exceptionnelles. Encore très jeune, il n’est pas médiatisé dans les médias de masse, mais ses exploits dans le Kilimandjaro sont suivis par des milliers d’admirateurs.

Le Community Management, plus efficace et moins cher

Ce système est très efficace car les adeptes donnent des conseils sur les meilleurs équipements. Lorsque qu’un sportif qui fait référence conseille la marque Salomon pour les chaussures, cela engendre un effet boule de neige. Ensuite, les pratiquants lambda transmettront les conseils aux autres et deviendront à leur tour les ambassadeurs de la marque. C’est un outil puissant et peu onéreux pour la société : un contrat de Community Management est beaucoup moins onéreux qu’une campagne média traditionnelle. En fait, c’est le principe du bouche à oreille démultiplié, amplifié par le Web.

Pour un avantage concurrentiel durable, la proximité avec le client est l’atout majeur.

  • Etre à l’écoute et accessible pour le consommateur passionné
    Un amateur ordinaire peut rejoindre Killian sur une course. C’est une forte émotion pour l’amateur passionné de pouvoir courir 10 km avec son idole. Les Community Managers sont accessibles et à l’écoute des passionnés de course en nature. Sur le Web, ils transmettent des informations sur les sites spécialisés, et sur les réseaux sociaux. Ils répondent aux questions, ils en posent aussi. Les réactions sont immédiates. Les échanges sont nombreux et on constate des pics sur Facebook dès qu’une information est diffusée. Puis le relais est fait par les magasins spécialisés.
  • Proximité géographique
    Rester sur un échelon local, régional voire national, mais pas global. Localement, Salomon organise des courses à l’échelon local, régional ou national, dans la périphérie des magasins spécialisés.
Les obligations contractuelles du Community Manager

Les Community Managers doivent remplir certaines obligations : mettre à jour les informations selon une certaine fréquence déterminée, être présents à certaines manifestations, participer à des animations dans certains magasins, à des formations dans des magasins pointus, assurer l’assistance lors de certains événements, etc… Ils aident les équipes Salomon d’Annecy à répondre aux problèmes de qualité.

4 règles à observer pour un Community Management réussi
  • La transparence : éviter la langue de bois. Quand il y a un problème, il faut l’admettre.
  • Du tangible, du concret : on n’est pas dans le rêve.
  • Une passion commune : entre les employés de l’entreprise, les pratiquants (consommateurs), les Community Managers…
  • Une action locale : c’est une illusion de croire que les communautés sont à l’échelon mondial. Toute communauté ne peut être que locale. Le marketing doit être local, sur le terrain, avec la communauté.
Le Community Management est-il possible partout ?

Oui, même lorsqu’il n’existe pas de communauté de passionnés. Il permet de savoir ce que les internautes disent dans la communauté que vous visez pour comprendre leurs besoins, être à l’écoute de leurs frustrations, désirs et souhaits. Pour cela, le premier pas consiste d’abord à engager un dialogue avec la communauté.

Le Community Management est un outil important pour créer une innovation de rupture et conserver son avantage concurrentiel sur ses concurrents, même plus puissants.

Compte-rendu de la conférence du 7 décembre 2010 en 4 parties:
1. « L’innovation de rupture, qu’est-ce que c’est ? », cliquer ici 
2. « 7 conseils pour créer un avantage concurrentiel par l’innovation de rupture » cliquer ici 
3. « Créer et conserver son avantage concurrentiel face à des concurrents plus puissants » (voir ci-dessus…)
4. « L’innovation de rupture : les points fondamentaux à retenir », cliquer ici

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmailby feather