ÉCOUTEZ VOTRE VOIX INTÉRIEURE

Pour le musicien, le chant intérieur précède l’interprétation de l’œuvre musicale. Il ne saurait lui donner vie sans cette conception interne préalable. Autrement dit, il lui faut être attentif à ce que la lecture de la musique génère en lui, à ses résonances profondes… Jusqu’à ce que du silence puisse émerger sa voix intérieure, la paisible expression de sa créativité.  Et cette créativité est une précieuse ressource dont il semble que nos temps troublés soient bien démunis.

La crise économique actuelle, dans son intensité, donne lieu à toutes sortes de déclarations de politiques, d’experts, de patrons, de représentants de syndicats. On y perçoit la perte des repères et l’effondrement des certitudes : tous sont saisis par la peur et semblent s’efforcer de justifier leurs actions. Pourtant, l’imprévisible est devenu la perspective la plus vraisemblable.

Dans le même temps, les chefs d’entreprise accueillent avec enthousiasme ceux qui ont des idées et dont ils pensent qu’ils peuvent les aider à envisager sereinement un monde nouveau à inventer. Au milieu de l’agitation stérile s’élèvent des voix optimistes, audacieuses que la déroute idéologique n’altère pas et qui puisent en elles-mêmes leurs certitudes. L’énergie tranquille qui émane d’elles est contagieuse : elle est l’expression de cette voix intérieure, précédant toute parole et qui lui donne force, à laquelle nous oublions de faire confiance.

Ainsi en fut-il lors de cette conférence à laquelle je fus conviée aux côtés de chefs d’entreprise inquiets pour la pérennité de leur activité alors même, paraît-il, que le pire est à venir.
Il s’agissait ce jour-là de prospection commerciale, de valeur ajoutée, d’innovation et de développement de parts de marché. Exposé brillant, public captivé, interaction bien conduite : des méthodes éprouvées, stimulantes pour des patrons motivés.
Vint le moment où je fus sollicitée à donner mon avis sur la réunion, sur la crise. Où je fis remarquer qu’en temps de disette financière, l’idée de capital pourrait peut-être changer de sens. Et si les hommes constituaient après tout la vraie richesse des entreprises ? Et si ces hommes portaient en eux, sans y prendre garde, toutes les ressources dont ils ont besoin ?

Je le déclarai comme je le pense, tranquillement, dans un sourire, sans passion. Mon étonnement fut grand néanmoins quand à l’issue de la réunion, la plupart vinrent vers moi, désireux d’en savoir plus. L’un d’eux en particulier me dit cette phrase révélatrice : « J’aime bien votre vision des choses et la façon dont vous en parlez. » Ne s’agit-il pas là de l’évidence d’une parole ajustée à la voix intérieure, adossée à une certitude profonde, plus intuitive que démontrée ?

À vous de jouer !
Il vous est probablement déjà arrivé d’être à l’écoute de votre voix intérieure. Vous savez alors, en deçà de toute argumentation, que ce que vous pensez et dites est simplement juste. À ce titre, votre parole ne génère pas de polémique. C’est à cette source que vous pouvez puiser des forces nouvelles.
Quand le doute est grand, quand le risque d’être dépassé surgit et particulièrement lorsqu’il faut agir, faire une déclaration, prendre une décision, il devient urgent et essentiel de rentrer en soi et de faire silence. Détendez-vous, étirez-vous, bâillez et choisissez une position confortable, les pieds au sol, le dos droit et détendu, la nuque allongée. Laissez votre respiration s’installer et sentez votre diaphragme s’abaisser et remonter calmement.
Fermez les yeux puis, écoutez. Soyez patient, laissez monter en vous le chant intérieur. Accueillez la confiance paisible et l’évidence de votre voix juste. Sentez-vous en accord avec vos valeurs et ce que vous êtes profondément. Savourez en sachant que cela vous appartient, que vous pourrez y revenir chaque fois que ce sera nécessaire… et passez à l’action.

Par Brigitte Bellamy-Fréjacques

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